mardi 30 juin 2015

Z comme Zinalewsky

Depuis quelques mois déjà, et comme j'ai eu l'occasion de l'évoquer dans #1J1P, j'annote quotidiennement [sauf durant le #ChallengeAZ] les fiches des Mosellans morts pour la France sur le site Mémoire des hommes. En principe, je recherche tous les Poilus nés le jour où je réalise l'indexation. Ainsi, le 7 janvier 2015, j'ai retenu la fiche de Paul Zinalewsky, né le 7 janvier 1887 à Audun-le-Tiche.


Au delà de la satisfaction personnelle de permettre au plus grand nombre d'accéder plus facilement à cette base... l'indexation collaborative crée une certaine frustration, car il n'est pas toujours possible d'approfondir les recherches...

Copie d'écran du site Mémoire des hommes

Alors, histoire de me déculpabiliser d'avoir trahi la cause au mois de juin... je vais essayer de formaliser dans ce billet ma méthode de travail...  en décrivant mes recherches. Il est à noter que je me sers uniquement des informations disponibles en ligne. 

Comment indexer une fiche de #MPLF ?


Après une première recherche infructueuse sur le Grand Mémorial, où seule la fiche #MDH est indexée, je consulte les registres matricules numérisés des Archives départementales des Ardennes de la classe 1905 du bureau de recrutement de Mézières.

Copie d'écran de la table alphabétique de la classe 1905
Malheureusement, le soldat Zinalewsky n'y est pas recensé, ni même dans le répertoire alphabétique des hommes oubliés et étrangers naturalisés inscrits au registre matricule (1R 195).

Je vérifie ensuite les informations d'état civil grâce aux archives numérisées de la Moselle. Les tables décennales me permettent ainsi de confirmer que Paul est bien né à Audun-le-Tiche (Deutsch-Oth durant l'annexion allemande) le 7 janvier 1887. 


Copie d'écran des Archives de la Moselle
Toutefois, il n'y a pas de trace de son décès dans le livre d'or des Morts pour la France de la commune accessible en ligne sur la salle des inventaires virtuels des Archives nationales. L'ensemble des dossiers des communes mosellanes représente quatre cartons d'archives, soient 0,75 mètre linéaire.

Cartons contenant l'ensemble des dossiers de la Moselle
Résultat de la recherche réalisée sur Geneanet
Selon les informations retrouvées sur Geneanet, lorsqu'il meurt à 30 ans en 1917, Paul Zinalewsky laisse une orpheline Suzanne, fille qu'il a eu avec Charlotte Schmitt.

D'après la même source, il serait le fils d'Anton Zinalewski, né en Pologne en 1850 et marié en 1877 à Marie-Louise Luxembourger dans la commune d'Ars-sur-Moselle. Tous les deux ont été inhumés à Villerupt en Meurthe-et-Moselle, comme leur fils d'ailleurs selon le site MemorialGenWeb, récemment relooké. On y découvre également des informations complémentaires sur les circonstances du décès, dont une partie seulement a pu être vérifiée en ligne.

Fiche MémorialGenWeb
Comme de nombreux mosellans, lors de son engagement dans l'armée le 10 août 1914, Paul s'est enregistré sous un alias... Lucien Albert Levengeur, né le 7 février 1885 à Amiens, ce qui explique la classe 1905... Sous ce nom d'emprunt, il serait le fils d'Albert et d'Aline Fal[t]in domiciliés à Amiens. Engagé dans le 2e escadron du train, il passe à l'aviation le 20 juillet 1915 en qualité de mécanicien Renault.

Affecté au 2e groupe d'aviation, il est tué au cours d'un accident aérien à Ève dans l'Oise, le 7 août 1917.  Le pilote de l'avion était l'adjudant Yves Marie Léon Kervadec dont la fiche sur #MPLF indique qu'il est mort au cours d'un combat aérien !

Son nom apparaîtrait  sur le Monument aux Morts de Villerupt ainsi que sur le monument commémoratif d'Ermenonville qui rend hommage aux aviateurs Morts pour la France au cours de la Guerre 1914-1918. Les biographies sommaires des 72 navigants et mécaniciens décédés aux centres Groupe des Divisions d'Entraînement (GDE) d'Ermenonville, Ève, Lagny-le-Sec, Plessis-Belleville se trouvent sur le site des escadrilles françaises des origines à la Grande Guerre.

Au regard de cette nouvelle piste, je consulte la Base des Personnels de l'aéronautique militaire disponible sur le site Mémoire des hommes. Cette base de données résulte de la numérisation et de l’indexation d’un fichier conservé le Service historique de la Défense au château de Vincennes.

Copie d'écran de la fiche de Lucien Levengeur
Elle comprend plus de 74000 fiches de personnels ayant appartenu à l’aéronautique militaire au cours de la Grande Guerre, qu’il s’agisse du personnel navigant ou du personnel au sol.

La base contient deux fiches au nom de Levengeur dont l'une est signé de sa main Levengeur Lucien.

Sa date d'engagement m'incite à consulter une seconde fois les archives numérisées des Ardennes... mais pour la classe 1914. On le retrouve, en effet, dans le Répertoire alphabétique des hommes inscrits à la liste matricule des engagés volontaires non encore inscrits au registre matricule et des hommes des réserves étrangers à la subdivision pris en domicile (1R 278) mais aucune trace du matricule 350...

Copie d'écran de la table alphabétique de la classe 1914
Même sans avoir retrouvé la fiche matricule de Paul Zinalewsky, la consultation des ressources disponibles en ligne a déjà permis de vérifier plusieurs informations apparaissant sur la fiche publiée sur le site Mémoire des hommes.

Dans tous les cas, il convient de n'indexer que les champs qu'il a été possible de vérifier... en attendant que le Grand Mémorial ne nous permettent de retrouver sa fiche matricule !


lundi 29 juin 2015

Y comme Yd... Votre ancêtre était... officier général !

En annotant les fiches des Mosellans sur la base de données des « Morts pour la France » j'ai d'abord cru à un bug : 900 #MPLF + 83 #NMPLF équivalait à 984 résultats ! C'était sans compter sur le général Micheler... le non statué !



Le général Micheler est-il mort ou non mort pour la France ?



SHD, GR 9 Yd 554
Décédé le 15 août 1917 à Lyon, Frédéric Henry Micheler est-il mort ou non mort pour la France ? Pour essayer de comprendre la raison de ce flou... j'ai consulté le dossier du général Micheler, conservé par le Service historique de la Défense (SHD) à Vincennes sous la cote GR 9 Yd 554. 

A priori, sur la couverture, la mention « Mort pour la France » semble avoir été attribuée. Mais qu'en est-il réellement ?

Frédéric Henry Micheler est né le 1er mai 1852 à Phalsbourg [arrondissement de Sarrebourg] dans l’ancien département de la Meurthe, dont le nord-est a été annexé en 1871. Il a opté pour la nationalité française le 1er juin 1872.

Copie conforme de l'acte de décès
établie le 7 janvier 1918

Outre les documents permettant de gérer la carrière de cet officier général (état des services, feuilles de notes, etc.), son dossier contient l'ensemble des actes officiels, extraits des registres de l'état civil, et notamment l'acte de décès établi par le 1er arrondissement de la Mairie de Lyon.

On y trouve aussi des informations sur les blessures et la convalescence du militaire, comme un certificat d'origine de blessures de guerre ou encore un billet d'hôpital (modèle 29).

Blessé le 5 juillet 1915 dans l’Argonne à la Haute-Chevauchée par un éclat d’obus dans la région occipito pariétale droite […] a subi une large trépanation du crâne. Le Général présente également à la face antérieure et interne du poignet gauche une cicatrice étendue suite de lésion par éclat d’obus du nerf cubital sur une hauteur de 3 à 4 centimètres… Ce qui lui vaut de passer par anticipation dans la section de réserve pour raisons de santé...

C'est la rédaction de l'acte de décès qui est à l'origine de la confusion. En effet, il y est mentionné que le général est « Mort pour la France » ; or, d'autres papiers dans le dossier nous indiquent qu'il s'agit d'une erreur et que l'autorité ministérielle n'a pas donné d'avis en ce sens. À l'occasion de l'examen des droits de la veuve à une pension, il a été établi, par expertise médicale que la maladie cause de la mort du général Micheler ainsi que son décès ne sont pas imputables à la blessure de guerre. Toutefois, la famille a en partie satisfaction, comme le précise la copie d'une correspondance adressée le 17 février 1930 au général Lavigne-Delville...

Deuxième page de la copie de la
lettre du 17 février 1930
adressée au général Lavigne-Delville.
Car la mention « Mort pour la France » n'est pas destinée à figurer au dossier des militaires, mais sur leur acte de décès de manière symbolique :
« L'officier d'état-civil de LYON, dès 1917, et sans prendre au préalable l'avis de mes services compétents, a fait inscrire d'office la dite mention sur l'acte de décès ».
Si vous avez la chance d'avoir parmi vos ancêtres un officier général, je vous encourage vivement à vous plonger dans ces dossiers de carrière qui sont passionnants et riches en rebondissements !

Il est à noter toutefois que le délai de libre communicabilité de 50 ans après la clôture du dossier, prévu par le code du patrimoine est compté à partir de la date de décès pour les officiers généraux.


samedi 27 juin 2015

X comme eXhumations

Inhumé comme inconnu au cimetière du Bois-le-Prêtre, le corps du soldat Daulier a été finalement exhumé et identifié grâce à sa plaque matricule avant d’être transféré au cimetière du Pétant à Montauville le 21 juillet 1926.
Officiellement, les recherches se terminèrent en 1936 et à ce jour, de nombreux soldats tués lors de la Grande Guerre n’ont toujours pas de sépulture connue... Ce qui explique mon interrogation à la lettre T de ce challenge. Dans les nécropoles nationales, les corps identifiés bénéficient d'une sépulture particulière, les ossuaires recevant les restes non reconnus.

Qu’est ce qu’un disparu ? Est-ce que ça se retrouve, un disparu ?


Jaquette du DVD de La Vie et Rien d'Autre,
dédicacée par Bertrand Tavernier

C'est la question à laquelle cherche à répondre Bertrand Tavernier dans son magnifique film La Vie est rien d'autre sorti en 1989. Philippe Noiret y joue le commandant Dellaplane chargé de recenser les soldats disparus deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale.



Bande-annonce : La Vie et rien d'autre - VF par PremiereFR

L'archéologie de la Grande Guerre est devenue une discipline à part entière depuis les années 1990 et la découverte de la tombe d'Alain-Fournier. La fouille des sépultures de soldats permet de mieux comprendre les contraintes de la mort de masse et renseigne sur la vie quotidienne et sur les pratiques funéraires.

L’archéologie, reflet d'une boucherie sans nom
Pour en savoir plus, je vous encourage à consulter le site multimédia archeologie1418.culture.fr dont est extraite la citation ci-dessous :
« Chaque année, plus d’une dizaine de corps de combattants sont ainsi retrouvés par les archéologues. Alors même que la Grande Guerre est le premier conflit où l’on essaiera de donner une sépulture individuelle et d’identifier les défunts, l’importance des pertes rendront ces efforts dérisoires. Confrontés à la « gestion » de cette effroyable boucherie, les belligérants seront dépassés par les événements et l’imprécision des statistiques des morts, disparus, blessés en est le reflet le plus flagrant, un siècle plus tard ».


vendredi 26 juin 2015

W comme Wagner

Détail de mon arbre généalogique
(3e à la 6e génération)
Lors du challenge 2014, j'avais constaté que je privilégiais dans mes recherches les sept premières générations... théoriquement dans l'optique de pouvoir accumuler une documentation conséquente !

Mais, à y regarder de plus près, les choses ne sont pas si évidentes pour la première moitié du XIXe siècle.

Tombe de la famille Thiel à Cappel
Grâce aux photos de mariages... et aux tombes... les visages et les patronymes de mes sosas n° 16 à 31 me semblent familiers. Pourtant, dès la 6e génération, tout se complique ! Plus d'image... ni de noms gravés dans la pierre ! Alors comment faire ?

Nés entre 1802 et 1830, je sais très peu de chose sur mes sosas n° 32 à 63. J'aurais notamment voulu en savoir un peu plus sur Françoise Wagner, mon sosa n° 57.

Pour son fils, Jean-Georges Thiel, époux de Marie Touba, je retrouve les informations principales sur la tombe familiale à Cappel.


Quelles sources me permettraient d'en savoir plus sur Françoise ?


Après une première recherche rapide sur Geneanet, je ne trouve que deux résultats me confirmant la date de naissance que je connaissais déjà... mais sans m'apporter d'indications supplémentaires sur la date et le lieu du décès. Je glane au passage l'étymologie de Wagner « Fréquent en Alsace et en Allemagne, c'est un nom de métier, celui de charron ».

Copie d'écran de l'image 33 des tables décennales d'Henriville
Dans un second temps, en consultant les archives numérisées de la Moselle (9NUM/8E321), je retrouve dans les tables décennales d'Henriville (1792-1952) la trace d'une Franziska* Wagner, décédée le 8 janvier 1878. Deux lignes au-dessus il est fait mention d'un dénommé Johann Georg* Thill décédé le 20 juin 1876, vraisemblablement l'époux de Françoise... Mais il me reste à vérifier cela aux archives en consultant les actes de décès car seules les tables sont disponibles en ligne.

Copie d'écran de l'image 54 des tables décennales
de Farébersviller (9NUM/8E210)
J'en profiterai également pour consulter l'acte de mariage dressé le 2 novembre 1836 à Farébersviller ; car comme le souligne Jean-Louis Beaucarnot dans son article Et si c'était faux ? (RFG n° 218,  p. 55) les actes de mariages font partie des documents les plus fiables.

Enfin, j'active le réseau : « Allo Marraine... Est-ce que tu pourrais aller faire un tour au cimetière d'Henriville pour voir si tu trouves la trace de la tombe de Françoise Wagner ». Eh oui, j'ai la chance d'avoir une marraine qui s'intéresse aussi à la généalogie... et qui habite toujours en Moselle, ça aide !


* Les Vorname [prénoms] durant l'annexion de la Moselle ont été germanisés.

jeudi 25 juin 2015

V comme Vive les mariés

Je n’identifierais quasiment aucun de mes ancêtres sans les précieuses photographies prises lors des mariages ! Alors je dis, Vive les mariés... sans qui mon arbre généalogique serait une accumulation de dates, sans aucun visage à partir de la 4e génération !

Mariage au château de Gaujacq (18 avril 2014)
Le 18 avril dernier nous avons traversé une partie de la France, pour nous rendre en Aquitaine, à Sault-de-Navailles, au mariage de ma nièce. Pour ma cadette, âgée de 10 ans, c'était une première... et en plus il s'agissait de sa marraine. Bref, l'émotion était à son comble. Se marier dans un château... ce n'est pas rien... mais en Landes Chalosse c'est encore mieux !

Depuis la communion de mon aînée en 2007, aucune occasion n'avait permis de réunir ma mère et ses quatre petits-enfants.  Et je ne parviens toujours pas à m’expliquer comment j'ai pu loupé la photo...

Lâcher de lanterne volante,
 par la mariée, aidée de son oncle
Incroyable ! Heureusement, le photographe officiel a immortalisé ce beau moment. Les occasions sont d'autant plus rares que l’aîné des petits-enfants, mon filleul de surcroît, est installé au Canada depuis quelques temps déjà... comme j'avais eu l'occasion de l'évoquer lors du challenge 2014.

Les mariages en 2015 sont-ils plus romantiques ?


Capture d'écran du film Raiponce,
Je veux y croire, Disney
Pour les mariages, comme pour tout... les modes évoluent. Et j'ai été particulièrement sensible à la magie des lampions. Je ne sais pas s'il s'agit d'un phénomène Raiponce ou si c'est l'influence des blogs de mariage... en tous les cas c'était très réussi et si romantique !

mercredi 24 juin 2015

U comme Un Jour - un Poilu

A priori... je ne dois pas être la seule à avoir choisi d'évoquer 1 Jour – 1 Poilu à la lettre U de ce challenge... Car, plus on est de fous, plus on indexe... C'est bien connu !

Photo de profil du compte twitter @1J1Poilu
Et de fait, les grands esprits se rencontrent !

On sent par ailleurs un léger fléchissement... vraisemblablement du au fait qu'il est difficile humainement de relever deux défis à la fois... et que certains [dont je fais partie] ont déserté l'indexation collaborative sur Mémoire des Hommes pour se consacrer en juin au #ChallengeAZ !

Tout comme le challenge AZ, 1 Jour – 1 Poilu est un défi, initié et animé avec brio par Jean-Michel Gilot sur Twitter grâce au fil @1J1Poilu et au mot dièse #1J1P !


Comme son nom l'indique, le projet ambitionne de fédérer au quotidien les énergies des internautes afin de parvenir à la transcription intégrale des 1 325 290 Poilus Morts pour la France à l’horizon du centenaire de l’Armistice, le 11 novembre 2018... Le compte à rebours est lancé depuis le 17 novembre 2013 !
Grâce à 5 questions à un labellisé, article publié par @enenvor, on en apprend plus sur ce projet ainsi que sur sa récente labellisation « Centenaire » :
« Les chiffres le démontrent : pour relever le défi de l’indexation sur Mémoire des Hommes il faut d’abord conduire avec succès la bataille de la communication et de la médiatisation (et corrélativement, de la pédagogie !). Car j’en suis convaincu : les volontaires existent en nombre suffisant, et ils sont prêts à se mobilier. Mais encore faut-il qu’ils connaissent l’existence même du programme et ses enjeux ! Ce programme doit donc d’abord être connu, et reconnu, auprès du public le plus large possible »
À ma modeste échelle, j'essaye de faire connaître autour de moi ce projet... et ce dès que l'occasion se présente ! C'est sans doute ce qui m'a valu le grand honneur de faire partie de la #DreamTeam !

Pourquoi faut-il contribuer à l'indexation du site Mémoire des Hommes ?


Annoter les fiches des #MPLF permet de les faire connaître au plus grand nombre en facilitant les recherches. Cette annotation collaborative est d'autant plus utile que les données du site sont exposées en OAI-PMH permettant ainsi le moissonnage par le Grand Mémorial ou encore le portail européen des archives.

Personnellement, j'ai choisi de m'attaquer aux Mosellans #MPLF... et j'ai franchi il y a quelques semaines le cap des 100 annotations ! C'est très modeste... mais je compte bien avoir fini le Jour J !

Copie d'écran de mon espace personnel
sur le site Mémoire des Hommes (21 juin 2015)

S'il ne fait nul doute que « nos rituels nous reflètent bien mieux que des discours », notre collaboration à l'indexation du site Mémoire des hommes en est un qui contribue efficacement à commémorer les anonymes ! Car « un mort n'est pas mort tant qu'un vivant pense à lui »...


mardi 23 juin 2015

T comme Torloting

Le 15 juin dernier, lors des Conférences des Généalogiques, je me suis vue contrainte de dévoiler ma lettre T ! Mais heureusement, les twittos dans la salle sont restés discrets...

Il s'agissait d'illustrer à partir d'une histoire familiale, le sort des soldats lorrains morts sous l'uniforme allemand. J'ai donc choisi d'évoquer mon arrière-grand-oncle Christophe Torloting (au centre ci-dessous).


Monument aux morts de Cappel en Moselle
Sur le monument aux morts de Cappel, érigé par la commune pour ses morts de la guerre, neuf noms sont mentionnés pour 1914-1918, par ordre chronologique : 
1914 : Jacques Weissgerber, Jean Gouth, et Nicolas Reiff ;
1915 : Michel Thiry et Georges Jacob ;
1916 : Joseph Touba ;
1917 : Christophe Torloting ;
1918 : Paul Thiry et Émile Muller.
À une coquille près, ce sont les mêmes soldats qui apparaissent par ordre alphabétique dans le Livre d’or du Souvenir français

Livre d’or du Souvenir français (Cappel)
Pour la Grande Guerre, le monument aux morts de Cappel rend également hommage à deux officiers français #MPLF. Le capitaine Bousquet et le lieutenant Jamaux n’étaient pas originaires du village... mais ont vraisemblablement été abattus à proximité le 6 septembre 1915.

Tombe Torloting à Cappel
Christophe Torloting est mentionné dans le mur des noms au Musée de Gravelotte, consacré à la guerre de 1870 et à l’annexion de « l’Alsace-Lorraine » (1871-1918). On y apprend qu'il est mort le 18 juillet 1917 à Dompierre. Malheureusement, à ce jour, les informations contenues dans la borne interactive ne sont pas accessibles en ligne.

Christophe Torloting est-il enterré dans la tombe familiale ?


Selon le témoignage de ma grand-mère, le corps de son oncle aurait été ramassé par son frère Jean Michel qui était brancardier. Il est donc plus que probable que mon arrière-grand-oncle mort pendant la Première Guerre mondiale soit réellement inhumé avec ses parents... comme le laisse supposer l'inscription sur la plaque tombale.

Lorsque Christophe Torloting est mort, sa veuve Marie Élisabeth Thil avait trois fils en bas-âge... nés en 1913, 1914 et 1916...  Ils ont survécu à la Seconde Guerre mondiale et sont morts tous les trois dans les années 2000 à près ou plus de 90 ans !




lundi 22 juin 2015

S comme SAMHA

Couverture de La Revue française
de Généalogie
 
n° 218 
En 2012, dans Vos ancêtres à travers les archives militaires, nous avions dédié une page à « Votre ancêtre a été... blessé ou malade en service », en renvoyant principalement au cadre de classement des archives conservées à Limoges. 

C'est pourquoi, j'ai été particulièrement heureuse de pouvoir publier dans le cadre de ma première collaboration avec La Revue française de généalogie un article plus détaillé sur les documents méconnus conservés par le Service des archives médicales et hospitalières des armées (SAMHA).

Dans Q comme Quarante-six C, j'ai principalement évoqué les sources conservées par le SAMHA et produites dans les formations de l'avant pendant les périodes de guerre. Mais les archives médicales sont bien plus riches !


S comme #SAMHA...

Une photo publiée par Sandrine Heiser (@tokenheiser) le


Le SAMHA conserve en effet les dossiers médicaux de plus de cinq ans des patients (militaires mais également civils) accueillis dans les hôpitaux et les formations sanitaires militaires... au total, près de 80 kilomètres linaires d'archives. Les fonds sont classés par périodes chronologiques et par secteurs géographiques, puis à l’intérieur de ces tranches par formation sanitaire.


Qu'est-il advenu des époux GERVAIS ?


J'ai espéré y trouver des informations sur les époux Gervais dont nous perdons la trace en Tunisie au début du XXe siècle... et qui aurait pu être hospitalisés. Malheureusement, pour avoir une chance de retrouver votre ancêtre dans les fonds très lacunaires antérieurs à 1914, il faut impérativement connaître le nom et le lieu de stationnement de la formation hospitalière ainsi que la date d'admission du malade. Ce qui n'est pas mon cas !

Il ne m'a donc pas été possible de résoudre ce mystère…mais j'ai eu la surprise de trouver au détours d'une travée mon propre dossier médical, produit par la maternité de l'hôpital d'instruction des armées Bégin, en 2005, à l'occasion de la naissance de ma fille... Aucun doute, il était rose !

Présentation du SAMHA par Nadine Lannelongue,
responsable du département exploitation (1er avril 2015)

samedi 20 juin 2015

R comme #RWEB1418

Les 10 et 11 avril 2015, les Rencontres du web 14-18 ont permis d'aborder les commémorations de la Grande Guerre sous l'angle du numérique, pour le plus grand plaisir des historiens, des archivistes, des généalogistes et des twittos qui s'y sont croisés... en chair et en os !

Déjeuner avec @gazetteancetres, @jm_gilot,
@mbourlet et la team @geneanet
Comme l'a souligné @jospehzimet dans son propos introductif, le Centenaire a été un accélérateur et un catalyseur [...] des pratiques et des instruments nouveaux ont émergés  [...] des pratiques qui se sont exprimées sur le web [...] des blogs, des forums, des sociabilités nouvelles sur les réseaux sociaux [...] une nouvelle façon de commémorer 1914-1918 !



Où se rencontrent les twittos dans la vraie vie [#IRL] ?


Ces rencontres étaient bien nommées... car elles ont été - pour toutes celles et ceux qui ont eu la chance d'y participer - l'occasion de voir ou de revoir des passionnés de la Grande Guerre... qui échangent activement sur Twitter. J'y ai retrouvé :
  • d'anciennes connaissances, Michael Bourlet (@mbourlet) qui est le co-auteur avec Gwladys Longeard (@Dezig35) du très bon blog Sources de la Grande Guerre ; Marie-Christine Bonneau-Darmagnac (@mcbd) déjà croisée à Blois aux #RVH2012 ; Emmanuelle Picard (@mel_picard) historienne rencontrée il y a 20 ans lors d'un colloque en Autriche ; Jean-Luc Pinol (@JLPinol) intervenant à l'@Ecoledeschartes et André Loez (@andreloez) historien de la Grande Guerre à l'origine de ces #RWEB1418, qui a exploité les ressources du @SHDinfos pour sa thèse ;
Mais j'ai également eu la joie de faire la connaissance #IRL de Stéphanie Trouillard (@Stbslam), Nicolas Offenstadt (@Offenstadt), Marlène Faivre (@LeeLeeFai), l'auteur du blog S.I.Lex (@Calimaq), Matthieu Kedzierski (@MatKedzierski) réalisateur du webdocumentaire sur le premier mort français de 1914 Le Jour d'avant ; JQN (@JQN_E) joueur d'échecs et marathonien et Jean-Michel Gilot alias @1J1Poilu, le chef d'orchestre de l'autre challenge... #1J1P !

Geneanet, très impliqué dans les #RWEB1418, vient justement de publier le compte rendu de ces journées en vidéos.

Vous pouvez également découvrir les ateliers et les tables rondes grâce au bilan réalisé par la @Mission1418 sur centenaire.org.


Il faut dire que je participais à ces journées au titre des @ArchivesFrance... dont le Grand Mémorial a été salué par de nombreux participants...
De rien... ce fut un plaisir !

vendredi 19 juin 2015

Q comme Quarante-six C « 46C »

Qui a eu la chance de visiter le Service des archives médicales hospitalières des armées (SAMHA), a forcément en mémoire la collection des bulletins « 46C »... précieux sésame permettant de faciliter les recherches dans le fonds de la Grande Guerre, mais pas seulement !

Fonds Levant (1917-1946) : carnets de bulletins 46C

Quels types d’informations trouve-t-on dans les archives médicales hospitalières ?


Fichier des hospitalisés
dans les formations de l'avant
Le bulletin individuel « 46C » est un modèle particulier de documents, de type médico-administratifs, issu du carnet carbone du même nom... Il est utilisé à partir du dernier trimestre 1916 pour le suivi des évacuations et des transferts de patients.

Ces documents permettent de connaître l’identité du soldat, les dates du séjour, le mode d’entrée dans la formation sanitaire, le diagnostic d’entrée et son origine, le diagnostic et le mode de sortie, mais également le cas échéant l’adresse de la famille.

À partir d'octobre 1916, un fichier général des hospitalisés dans les formations de l'avant renvoie aux bulletins « 46C ». Théoriquement, j'aurais du y retrouver Henri Launey, évoqué dans D comme Décorations... et blessé à trois reprises :


Hyères (8 carnets 46C)
Pour cette dernière blessure, un bulletin « 46C » a vraisemblablement été rempli, mais aucune fiche n'y renvoie ! La collecte des archives n'est malheureusement pas une science exacte... surtout en temps de guerre !

La collection des bulletins « 46C » n'est pas spécifique au fonds 14-18 et on retrouve ces sources dans les fonds Armée d'Orient (1915-1923) et Armée du Rhin (1919-1930) ou encore dans le fonds Levant (1917-1946).

Il en est de même pour les archives médicales des formations hospitalières de l’avant implantées sur les divers théâtres d’opérations et dans les pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale.


jeudi 18 juin 2015

P comme Porquerolles

Je n'ai pas encore totalement abandonné mon projet généalogique relatif à Porquerolles... la plus occidentale des trois îles d'Hyères. Tout sur cette île rappelle la présence de l'armée, des fortifications au centre de vacances Igesa en passant par l'église Sainte-Anne... une oeuvre du Génie militaire !

Église de Porquerolles sur la place d'Armes (août 2014)
Les sources conservées par le Service historique de la Défense sont nombreuses et extrêmement variées. On y trouve par exemple le registre matricule des sous-officiers et du personnel de la prison de Porquerolles, mais également le registre des condamnés... détenus au fort de la Licastre devenu l’Alycastre (SHD, GR 13 J 1309).



L'été dernier, j'ai mis à profit mes vacances à Porquerolles pour photographier le monument aux morts érigé dans le cimetière et publier le relevé des noms sur Geneanet.

Monument aux morts dans le cimetière de Porquerolles,
commune d'Hyères
J'ai également voulu en savoir un peu plus sur le soldat-sculpteur qui a réalisé les quatorze stations du chemin de croix qui fait le tour de la nef l'église.

Qui était le soldat-sculpteur qui a réalisé le chemin de croix ?


C'est en consultant Var-matin sur internet que j'ai découvert La belle histoire du chemin de croix de Porquerolles :
« C'est un soldat du 57e Bataillon d'Afrique, Joseph Wargnier, en convalescence en 1869 sur l'île, qui en est l'auteur, raconte Jean-Claude Thollon. Sculpteur de métier, il était originaire de l'Oise. Une fois terminé, ce chef-d'œuvre avait été solennellement inauguré par le clergé et les autorités locales. Puis le soldat a dû rejoindre son bataillon. Je ne sais pas s'il a eu un coup de cafard ou quoi, mais il a déserté. À cette époque-là, c'était vraiment très grave : il risquait le peloton. C'est le père Ollivier, curé de Porquerolles, qui a plaidé sa cause devant le tribunal militaire, à Constantinople. Joseph Wargnier a été acquitté, mais radié de l'armée. [...]
Panneau de noyer sculpté au couteau
par Joseph Wargnier
Jean-Claude Thollon est quant à lui reparti de plus belle dans ses recherches avec l'aide de Françoise Pelletant. Ils espèrent reconstituer le parcours de ce sculpteur-soldat un peu torturé, sauvé du peloton d'exécution, en Turquie, par le curé de Porquerolles. Une histoire digne d'un roman, et un appel lancé à qui pourrait apporter des éléments supplémentaires sur ces deux personnages méconnus de l'histoire locale ».
La trace de Joseph Wargnier se perd quelque part dans l'Oise... où il aurait sculpté d'autres œuvres... du côté du village de Bethisy...

mercredi 17 juin 2015

O comme ONAC-VG

Crée en 1916, l’Office national des mutilés et réformés de la guerre... devenu Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG) est un établissement public d'État, qui soutient plus de trois millions de ressortissants.

Logo de l'Office national des anciens combattants
et victimes de guerre
Il n'existe pas de forclusion pour les demandes d'attribution de la mention « Mort pour la France » et toute personne physique ou morale ayant un motif d'agir est susceptible de faire les démarches.
Aujourd'hui, les demandes sont instruites par le département reconnaissance et réparation de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre de Caen (BP 552, 14037 CAEN CEDEX).



Seule l'autorité militaire ou administrative est habilitée à accorder ou refuser la mention. Encore faut-il pouvoir apporter la preuve que la cause du décès est la conséquence directe d'un fait de guerre. Mais si la mention a été refusée à l'époque du décès, il n'est pas procédé au réexamen du dossier...
Après instruction, les dossiers sont versés à la division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), l'antenne du Service historique de la Défense située à Caen. Ils viennent ainsi compléter les dossiers produits dans le cadre des missions originelles du ministère des Pensions au vu de dénombrer les victimes et honorer leur mémoire.

L'attribution de la mention va bien au-delà d'un simple hommage rendu à la mémoire de la victime dont le nom peut être inscrit sur le monument aux morts de la commune. Elle est assortie de droits en faveur des ayants-cause, comme le titre de pupille de la nation, la rente mutualiste ou encore l'éventuelle prorogation de 30 ans des droits d'auteurs en vertu de l'article L123-10 du code de la propriété intellectuelle. Certains droits restent cependant limités, comme les demandes actuelles de restitution des restes mortels pour lesquelles il y a une forclusion ou encore le droit à pèlerinage pour les voyages sur les tombes.

Grâce à toutes les informations engrangées durant ce mois de juin, je pense que j'aurais matière à déposer au moins deux ou trois demandes d'attribution de la mention #MPLF auprès de l'ONAC... Mais ça... ce sera après le #ChallengeAZ !

mardi 16 juin 2015

N comme Non morts pour la France

« Il y a morts et morts ! » comme le rappelle Gilles Vauclair dans son excellent ouvrage récemment paru aux Éditions Sutton et intitulé : Mort au combat ! Le sort des soldats tués pendant la Grande Guerre


Quelle différence peut-il y avoir entre un mort et un mort ?


Copie d'écran du site Mémoire des Hommes
Longtemps absents du site Mémoire des Hommes, les « Non Mort pour la France » sont désormais accessibles en ligne et c'est une excellente chose !
« À l’occasion du 11 novembre 2014 et dans le cadre du centenaire du conflit, la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives met également à disposition les 95 000 fiches des soldats n’ayant pas obtenu la mention et composant le reste du fichier général. Ces fiches correspondent en partie à des cas non instruits pour l’obtention de la mention. »
La base de données offre depuis le début de l'année la possibilité de trier par catégorie de morts (#MPLF, #NMPLF, non statué) et par information non connue (huit occurrences). Ces nouvelles fonctionnalités ont fait l'objet d'un billet sur le site de La Revue française de généalogie.

Le 16 juin 2015, la sélection de l'onglet Non Mort pour la France permet d'obtenir 92732 réponses dans la base des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale... et parmi eux 83 Mosellans identifiés en tant que tel !

Mosellans « Non Morts pour la France »
Les « Non Mort pour la France » sont principalement des militaires fusillés, condamnés par la justice militaire (décédés durant leur peine), suicidés, devenus fous ou encore morts accidentellement... mais pas seulement.

Cette catégorie concerne aussi les morts de maladie que l’armée refusa d’imputer à une infection contractée durant le service.

Dans le cadre du projet d'indexation collaborative #1J1P, j'ai été amenée à annoter les fiches de deux militaires originaires de Moselle n'ayant pas obtenu la mention, dont le général de brigade Ernest CARÉ né le 27 septembre 1857 à Montigny-lès-Metz. Décédé le 17 février 1919 d'une maladie non imputable au service, il n'a pas obtenu la mention « Mort pour la France ».

Pour en savoir plus sur cette question, je vous encourage à consulter l'excellent article publié sur Prisme14-18 et notamment la classification des fiches « Non Mort pour la France » :

lundi 15 juin 2015

M comme Monuments commémoratifs

Érigés en masse au lendemain de la Première Guerre mondiale, les monuments commémoratifs avaient certes pour objectif de glorifier les héros morts pour la patrie mais aussi et surtout d'honorer leur mémoire. Ils étaient là pour faire le lien avec les générations futures, et, de fait, continuent à jouer ce rôle. Les jeunes participent aux hommages rendus, notamment au très symbolique ravivage de la Flamme du Souvenir à l'Arc de Triomphe.

Cérémonie de ravivage de la Flamme à l'Arc de Triomphe le 7 octobre 2014
Les nombreux projets d'indexation et d'annotation collaborative témoignent de l'actualité des monuments aux morts... ancrés dans le paysage local ! La base de données des monuments aux morts de France et Belgique développée par l’université de Lille 3 et labellisée par la mission du Centenaire en est un très bon exemple. Le documentaire réalisé en 2014 par le CNRS en est un autre ! Il aborde notamment la question des monuments aux morts d'Alsace-Lorraine.

Pourquoi les monuments de Moselle se distinguent-ils de ceux de la France de l'intérieur ?



Au Poilu libérateur
(source : gallica.bnf.fr)
Comme  le  souligne Jean-Claude Jacoby dans son remarquable article intitulé Le Poilu libérateur : l'oeuvre messine du sculpteur Henri Bouchard : « les monuments de Moselle ont une typologie différente de ceux de la France de l'Intérieur ». À quelques exceptions près, dont la commune de Richemont, les poilus en bronze sont quasi inexistants... ce qui peut aisément se comprendre !

En 1940, les autorités allemandes étêtent le monument aux morts de Metz et suppriment les deux Poilus. L'inscription française est également remplacée par « Sie starben für das Reich » c'est-à-dire «  Ils moururent pour l’Empire ».

Rendez-vous au monument aux morts
Mais la piéta, elle, n'a pas été altérée... car elle est universelle ! Tout comme le mort, nu, dépouillé de son uniforme.

Monument aux morts de Betting
Dans mon village, le monument aux morts surmontée d'une croix de Lorraine est dédié à la mémoire des enfants de Betting, victimes de la guerre.

Il rend hommage aux soldats lorrains morts sous l'uniforme allemand pendant la Première Guerre mondiale, mais également pendant la Seconde. Qu'il s’agisse des morts des suites de guerre, des déportés politiques ou encore des malgré-nous.

Le 20 octobre 2013, j'ai indexé sur le site Geneanet les noms des vingt-trois victimes mentionnées, dans la rubrique Tombes & monuments.

Cette base collaborative regroupe des photos de sépultures, des monuments aux morts mais également des plaques commémoratives ; cet outil est très précieux pour retrouver les noms de vos ancêtres.


samedi 13 juin 2015

L comme Loupershouse

Blason de Loupershouse
« Coupé d'or au loup de sable,
lampassé et allumé de gueules,
et de gueules au massacre de cerf croisé d'or ».
Peu de temps avant de nous quitter, mon père s'était rendu au cimetière de Loupershouse, à la recherche de la tombe de ses arrières-grands-parents, Jean Mertz et Élisabeth Lang...  mais sans succès !

Mais où ont bien pu être inhumés mes AAGP ?


Cette question me turlupine d'autant plus que Jean Mertz est le seul de mes ancêtres pour lequel j'ai pu retrouver des informations dans les fonds du Service historique de la Défense.

Incorporé à compter du 29 mars 1855, il a participé à la fin de la campagne de Crimée et au siège de Sébastopol. À ce titre, Jean Mertz a été décoré de la médaille de S. M. la reine d'Angleterre. Soldat au 3e escadron du train, il est libéré définitivement en 1861, l'année de son mariage avec Élisabeth Lang.

Arbre d’ascendance de mon père

Extrait de l'acte de décès d'Élisabeth Mertz, née Lang
Jean Mertz est mort à 60 ans à Loupershouse le 12 janvier 1895 durant l'annexion de la Moselle. Comme pour son épouse décédée six ans plus tard et à peine plus âgée (63 ans), les actes de décès ont été établis en allemand. 

Lors du challenge 2014, j'avais eu l'occasion à plusieurs reprises d'évoquer les difficultés qui peuvent surgir lors d'une recherche généalogique... liées à la langue, ou encore, à la transcription d'actes écrits en allemand gothique ou Spitzschrift.

Quoi qu'il en soit, mes AAGP sont bien morts tous les deux à Loupershouse, il y a à peine plus de 100 ans... et aujourd’hui, il n’y a plus aucune trace de leur tombe... si toutefois elle a existé ! Cela m'a été confirmé par la secrétaire de Mairie qui a eu la gentillesse de répondre à ma demande.

Réponse de la Mairie de Loupershouse
à ma demande du 28 mars 2010
Comme le souligne Geneanet... « Les tombes finissent toutes par disparaître un jour, ainsi que les noms, dates et autres informations qui y sont inscrits ». Pour préserver les tombes de nos ancêtres de l'oubli, il est important de contribuer à des projets tels que « Sauvons nos tombes »

Promis, après le #challengeAZ, je m'y attaque !