dimanche 8 mars 2015

Du Livre d'or de la #1GM au Panthéon numérique des #MPLF

Le 7 mars 2015, lors du salon de généalogie qui s'est tenu dans le 15e arrondissement de Paris, j'ai eu l'occasion de revenir sur la notion de Panthéon numérique des « Morts pour la France » déjà évoquée fin septembre 2014 à Gene@2014 en écho à l'article consacré au soldat Daulier dans la Revue historique des armées :
« Il en va de même pour le Livre d’or de la Première Guerre mondiale. En conclusion de son remarquable article sur ce projet demeuré sans suite, Marie-Thérèse Chabord regrettait que "ce qui reste du monumental projet dorm[e] à tout jamais dans les cartons des Archives". Plus de 40 ans après la publication de ces lignes dans la Revue historique de l’Armée, l’évolution des technologies va permettre d’offrir enfin aux morts de la Grande Guerre leur panthéon numérique. »
Une loi du 25 octobre 1919 « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre » prévoyait l’établissement d’un « Livre d’or ». Mais dès le début des années 1920, le projet semble voué à l'échec, et ce pour diverses raisons rappelées dans un article paru le 20 novembre 1921 dans La Voix du Combattant :

Conservé par les Archives nationales, le Livre d’or recense les « Morts pour la France » décédés entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, morts sur le champ de bataille ou à cause de dommages directement imputables au conflit ; ces listes communales sont consultables en ligne depuis 2014 à partir de la salle des inventaires virtuels.

Bien qu'instaurée il y a cent ans par la loi du 2 juillet 1915, la mention #MPLF est toujours d'actualité comme le démontre le tweet de Stéphanie Trouillard :
Commémorée en 2015 par le ministère de la Culture et de la Communication dans le cadre du centenaire de sa promulgation, cette loi est désormais intégrée dans le Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, articles L488 à L492 bis ; les demandes d'attribution sont aujourd'hui instruites par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de Caen.  

C'est grâce au site Mémoire des Hommes que les « Morts pour la France » de la Première Guerre mondiale sont à l'honneur depuis la publication en ligne, en novembre 2003, des fichiers conservés par le Service historique de la Défense. Depuis le 7 novembre 2013, le ministère de la Défense propose en outre aux internautes d'annoter les fiches afin d’enrichir les index déjà existants.

Lancé dès le 17 novembre 2013, le défi collaboratif « 1 Jour  - 1 Poilu » a principalement pour objectif de développer et fédérer une communauté autour de l’indexation collaborative des fiches des soldats #MPLF sur Mémoire des Hommes. L’élément central du dispositif est l’alimentation quotidienne du compte Twitter https://twitter.com/1J1Poilu.

Bandeau du compte twitter 1 Jour - 1 Poilu @1J1Poilu
Dans le cadre des commémorations du centenaire, les services publics et les bénévoles contribuent ainsi quotidiennement à rendre hommage aux soldats de la Première Guerre mondiale... permettant finalement au Livre d'or d'aboutir... sous un autre format !  De fait, le projet originel n'est pas demeuré sans suite... car la publication est bien réelle… ou plutôt virtuelle !

Car annoter les fiches des « Morts pour la France » contribue à les faire connaître au plus grand nombre en facilitant les recherches. Cette annotation collaborative est d’autant plus utile que les données du site sont exposées en OAI-PMH permettant le « moissonnage »... notamment par le Grand Mémorial.

En indexant chaque jour la fiche d’un Poilu #MPLF et en partageant ces informations sur Twitter avec le mot-dièse #1J1P, les internautes ne créent-ils pas un Panthéon numérique à la mémoire des combattants de 14-18 ?


dimanche 7 décembre 2014

Miss Armoiries 2015... Nord-Pas-de-Calais !

Lors de la cérémonie de Miss France 2015, les candidates ont revisité le costume traditionnel... ou folklorique. 

Extrait de l’élection Miss France 2015, diffusée sur TF1 le 6 décembre 2014



Passée un peu inaperçue, Miss Lorraine a défendu la culture régionale en arborant une robe plutôt discrète mais laissant deviner sous un tulle noir deux jolies pivoines... fleurs emblématiques de la Moselle !


Robe héraldique de Miss Poitou-Charentes
Si Miss Bretagne présentait une hermine sur sa robe blanche et noir, trois autres jeunes filles ont porté haut les couleurs de leurs régions en s'inspirant plus ou moins librement de l'héraldique traditionnelle.

Ainsi, Miss Poitou-Charentes était revêtue d'une création originale se blasonnant "Coupé d'argent et de sable au lion de gueules brochant sur le tout"... il manquait cependant "armé et lampassé d'azur", c'est-à-dire... les griffes et la langue bleues !

Robe à la croix de Toulouse
"De gueules à la croix cléchée et pommetée de douze pièces d'or", la croix occitane sur fond rouge était un accessoire très visuel de la tenue de Miss Midi-Pyrénées !
Mais au final, c'est bien le blason de la région Nord-Pas-de-Calais qui s'est imposé. La gagnante est "D'or au lion de sable armé et lampassé de gueules" !

Miss France 2015

samedi 18 octobre 2014

De Gene@2010 aux #MatinsMalins

Mes occasions de croiser des généalogistes [dans la vraie vie... et en dehors des cimetières] étant de plus en plus rares, je les apprécie d'autant plus ! Ainsi, ces dernières semaines, j'ai eu la chance de présenter une conférence dans le cadre du Forum national de généalogie et de rencontrer Sophie Boudarel [qui a publié mon portrait de généablogueuse dans La Gazette des ancêtres] en participant aux Matins malins...

5e session des Matins malins avec @mbourlet


que vous êtes nombreux à avoir suivis en #LT avec le hashtag #MatinsMalins...
pour tout savoir sur Votre ancêtre Poilu sur Internet !

Chargement
#MatinsMalins #Geneanet #1GM #Bouin #MPLF #Commemo14 La boucle est bouclée !

Ceci me permet de poursuivre une réflexion débutée il y a quelques jours avec ma collègue en charge des réseaux sociaux aux Archives de France après notre participation au Midi de la Culture... spécial #stratégie #socialmedia !
Il m'apparait, en effet, que loin d'éloigner les twittos... Twitter permet leur rapprochement ! Car les contributeurs aux réseaux sociaux ont vocation à se rencontrer et à échanger de vive voix avec leur communauté d'intérêts dès que les occasions se présentent. À l'issue de Géné@2014, où j'ai présenté ma modeste contribution au Panthéon numérique des Morts pour la France, je me suis remémorée... non sans émotion... le début de cette aventure généalogique...

Et que de chemins parcourus depuis Géné@2010, année où je me suis rendue en famille et pour la première fois au Forum national de Généalogie. Sur le stand de la Fédération française de généalogie (FFG), j'ai rencontré le président et lui ai exposé mon souhait d'essayer de faire mieux connaître les Archives militaires aux généalogistes... Dès lors, les projets se sont succédé :
J'ai beau être très connectée et accro aux réseaux sociaux, je suis convaincue que rien ne remplacera jamais une poignée de main !

samedi 11 octobre 2014

Célèbre-t-on les rebelles ?

Cette année, les Rendez-vous de l'Histoire de Blois se sont penchés sur la question épineuse des rebelles en tous genres ! Qu'il s'agisse d'oppositions politiques, de mouvements populaires, de critiques de la société ou encore de dissidences religieuses...
J'en ai profité pour rechercher parmi les 1150 commémorations publiées depuis 1999 sur le site des Archives de France des « rebelles » mis à l’honneur...

Ainsi, j'ai présenté le 10 octobre 2014 dans le cadre des rencontres pédagogiques, les ressources numériques accessibles en ligne dans la rubrique « Commémorations nationales ».



Un constat s’impose... Parmi la centaine d’anniversaires retenus chaque année par le Haut comité aux Commémorations nationales, les « rebelles » occupent une place importante. De Jeanne d'Arc à l'abbé Pierre en passant par Louise Michel, j'ai sélectionné quelques exemples de personnalités emblématiques de notre histoire, célébrées ces quinze dernières années.

L’historienne Michelle Perrot, qui préside cette 17e édition des Rendez-vous de l’Histoire, a notamment rédigé en 2004 l'article consacré à George Sand à l'occasion du bicentenaire de sa naissance :
Enfin Sand fut une femme engagée dans tous les combats du siècle : contre l’injustice et la misère, la peine de mort et la prison ; pour les poètes ouvriers, l’émancipation paysanne, les droits des femmes ; pour la libre pensée, l’avènement des nationalités (surtout en Italie) ; pour la République, « une République démocratique et sociale », fondée sur l’égalité, le suffrage « universel », la laïcité, la non violence.

lundi 30 juin 2014

Z comme Zinzin(g)

Pour répondre à la question posée le 16 juin par Mélanie et relayée par Sophie Boudarel, je propose une solution alternative... Il faut être zinzin ! 
Z comme Zinzin(g)... car il faut lêtre un peu pour sattaquer à un tel challenge sans y être préparé ! Mais cest aussi une référence à « Oscar », le film préféré de mes filles, où Louis de Funès excelle...

  

Le 31 juillet prochain, nous célèbrerons le centenaire de sa naissance... qui coïncide avec la mort de Jaurès.  Si vous souhaitez en savoir plus sur les Commémorations nationales, suivez le compte Twitter des Archives de France et le mot-dièse #Commemo14  pour les anniversaires de 2014. 
 

C'est enfin, un dernier clin d’œil à mes ancêtres originaires de Moselle, où les noms des communes ont été pensés rien que pour ce ChallengeAZ !

Panneau Zinzing à l'entrée du lieu-dit en venant dHessling
Daprès mes recherches sur Internet, Georges Heiser et son épouse Marie Anne Müller descendraient tous les deux de Hans Wiry, né à laube du XVIIe siècle à Zinzing, ancien hameau de la commune d'Alsting, partiellement détruit pendant la guerre de Trente Ans.
 
Liste de descendance de Hans Wiry
Et pour conclure, je souhaite féliciter tous les participants, car je suis à présent en mesure d'apprécier tout le travail - et le stress - que cela représente, et, remercier chaleureusement La gazette des ancêtres qui nous offre cette très belle opportunité de rendre hommage à nos ancêtres... tout en confrontant nos expériences et nos histoires familiales.

samedi 28 juin 2014

Y comme Yonne

En 2010, j'avais envisagé un temps de consacrer mon Master 2 en technologies numériques à la réalisation d’un modèle XML, afin de définir un ensemble de règles applicables aux pièces matricules(1), pour faciliter l’interopérabilité des données dans le cadre du protocole OAI-PMH. Mais, il y a quatre ans, cette question ne semblait pas pouvoir déboucher rapidement sur un projet concret !

En autorisant la mise en ligne et l’indexation, par les Archives départementales et les Archives nationales d’outre-mer, des registres matricules du recrutement militaire jusqu’à la classe 1921, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a ouvert la voie aux Poilus sur internet... en les plaçant au cœur du dispositif des commémorations du Centenaire(2).

Page d'accueil des Archives départementales de l'Yonne

Lorsqu'en janvier dernier j'ai écrit « Il faut commémorer le soldat Daulier "Mort pour la France" », le département de l’Yonne faisait partie de la vingtaine de sites d’archives qui avait mis en ligne les fiches matricules de la période de la Grande Guerre... Six mois plus tard, de plus en plus de départements ont publié sur internet ces précieuses ressources (Voir La carte de France des registres matricules en ligne sur GénéInfos).

En effet, le registre matricule est la principale source permettant de détailler le parcours des combattants français pendant la Grande Guerre, qu’ils soient appelés, hommes du rang ou encore sous-officiers. Et comme cela l'a été rappelé à plusieurs reprises lors de ce challenge, les renseignements débordent largement le cadre strictement militaire puisqu'on y trouve l’état civil du soldat, mais aussi son « signalement », c'est-à-dire sa description physique.

Détail du feuillet matriculaire d'Albert Daulier conservé aux AD de l'Yonne (1 R 660)

Bien que né à Paris, en 1883, Albert Daulier a été incorporé dans l’Yonne, berceau de sa famille maternelle. Grâce au feuillet matriculaire on retrouve ses corps d’affectations successifs ainsi que les localités où il a habité. Et on y trouve bien sûr le détail de ses campagnes. 

Détail du feuillet matriculaire d'Albert Daulier conservé aux AD de l'Yonne (1 R 660)
Engagé volontaire le 17 février 1902 pour cinq ans dans le 1er RIC, il est finalement réformé le 27 janvier 1906. Au moment de la déclaration de la guerre il est placé dans la réserve de l’armée d’active, qui dure 11 ans depuis la loi de mars 1905. À la veille de la guerre, la loi du 7 août 1913 porte à 28 ans l’ensemble des obligations militaires. Rappelé à l’activité le 18 décembre 1914 dans le 82e régiment d’infanterie, Albert Daulier est finalement passé au 169e RI le 21 mai 1915 quelques jours avant sa disparition...

Mais j'aurai l'occasion de revenir sur l'exemple du soldat Daulier, sur l'indexation collaborative ainsi que sur l'ensemble des sources permettant de retracer le parcours d'un Poilu, à l'occasion d'une conférence lors du forum national de généalogie Géné@2014, et je suis très reconnaissante à la Fédération française de généalogie pour son invitation.


(1) Les pièces matricules sont conservées dans de nombreux services d’archives ne relevant pas des mêmes institutions, ce qui rend l’interopérabilité des données d’autant plus souhaitable.
(2) Par la délibération n° 2013-281 du 10 octobre 2013, la CNIL a en outre autorisé la constitution, à partir des bases d’indexation départementales, d’une base nationale dont la consultation renverra aux fichiers images des registres matricules hébergés par les départements.  


vendredi 27 juin 2014

X comme X... Archives administratives des unités et des états-majors

En pleine commémoration du Centenaire 14-18 et quelques mois avant l'inauguration du Grand Mémorial, l'importance des registres matricules pour les recherches généalogiques n'est plus à démontrer ! J'aurai d'ailleurs l'occasion d'y revenir dans Y comme...

Moins évidente, la série X [qu'il faut faire précéder du sigle GR qui désigne la famille de cotes Guerre] du Service historique de la Défense est une autre source extrêmement précieuse pour qui s'intéresse à la carrière militaire de ses ancêtres. Elle s'étend de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle et conserve les archives administratives des unités, des états-majors et plus généralement de l'administration militaire. 

Je pense notamment à trois sous-séries qui méritent le détour :

Inventoriées dans la sous-série GR Xy, les archives de l’hôtel des Invalides (1670-1910)  comprennent à la fois des registres collectifs d’admission et des dossiers individuels de pensionnés. À la date du 22 juin 2014, et grâce aux dépouillements de bénévoles, ce sont 128112 actes et 25676 communes françaises qui sont actuellement décrits dans la base de données Hôtel des Invalides.

.
Page d'accueil de la base de données Hôtel des Invalides

Il me semble également utile dans certains cas de se reporter à la collection de textes réglementaires manuscrits et imprimés (GR X1 à X3) et notamment à la sous-série GR X1 qui conserve les originaux des décrets de nomination dans les grades ou décorations conservés  et classés à leur date.


Votre ancêtre était une femme... à travers les archives militaires !

Enfin, en rédigeant « Vos ancêtres à travers les archives militaires », j'ai découvert l'existence de la sous-série consacrée à l'état civil (GR Xz). Bien que peu volumineuse, on y trouve des documents à forte valeur ajoutée généalogique, comme des registres de mariage et de naissance pour les villes algériennes de Laghouat (1855-1862) et Skikda [Philippeville] (1838-1848), alors sous administration militaire (GR Xz 124 et 125).

Votre ancêtre est... né (p. 96)
Il s’agit par conséquent de documents antérieurs à ceux conservés aux Archives nationales d'outre-mer.